Juin 2007
numéro 41



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Edito
> L'exception française
Libres propos
> Troisième séance des Universités du travail : l'intégration dans et par le travail
Lexique de l'actuel
> La valeur travail
Vient de paraître
> Du consentement
> Le coup de coeur de Jean-Luc CHARLOT : les quatre mystères de la population française
> L'orientation professionnelle de A à V
> Sortir du chômage
> Travail et reconnaissances des compétences
Actualité de Développement et Emploi
> Le soutien renouvelé de la DIACT et de la C.D.C.à l'extension d'ALIZE
Agenda
> Prochaine séance des Universités du Travail et de l'Emploi
Chronique version imprimable
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>>> Edito

L'exception française
La sentence tombe comme un couperet. « Les Français sont parfaitement conscients de ce qui va bien en France, et n’ont pas une vision particulièrement négative de leur vie en général. […] En revanche, tout comme les dirigeants d’entreprises, les employés français reconnaissent qu’il existe un problème spécifique concernant les relations sociales. Nous cherchions une exception française, il semble que nous l’ayons trouvée. »
La démonstration de Thomas PHILIPPON(1) fait mouche. Elle confirme ce que nous ressentons lors de nos conversations, études ou travaux, et qui pourrait bien être aussi une des conclusions fortes du cycle des Universités du Travail et de l’Emploi que nous organisons avec l’Université Européenne du Travail : la question de la reconnaissance au travail est centrale. Elle est centrale lors des restructurations, elle est centrale dans la construction des trajectoires professionnelles, elle est centrale dans l’envie de prolonger sa vie professionnelle. Elle ne se résume pas à la reconnaissance des acquis de l’expérience (VAE), ni aux discours sur « le capital humain ». Pierre REVERDY a écrit « L’amour n‘existe pas. Il n’existe que des preuves d’amour ». La reconnaissance a besoin elle aussi de signes tangibles. Elle peut alors étayer l’estime de soi. Elle change le plomb en or, la tâche fastidieuse ou l’effort prolongé en satisfaction du travail accompli, en bonheur d’avoir produit de la « belle ouvrage », en perspective de promotion. Or, en France, « 21% des employés du secteur privé anticipent que leurs mérites seront reconnus et récompensés. C’est faible, mais c’est tout de même nettement mieux que 9% dans les entreprises publiques et 5 % dans la fonction publique ! ».

Des freins à l’innovation

Mais Thomas PHILIPPON n’en reste pas là. Chiffres à l’appui, il montre deux choses. La première, c’est le lien entre les relations au travail et les performances économiques. Le management qui hésite entre paternalisme et bureaucratie, l’absence de délégation, les relations conflictuelles et peu coopératives, la promotion interne rare, la méfiance généralisée et réciproque entre salariés et dirigeants, la rigidité des organisations syndicales, sont des freins à l’innovation, à la croissance et à l’emploi. Les pays où les relations sociales dans le travail sont constructives sont en moyenne plus riches, à niveau d’éducation et de ressources matérielles similaire. La deuxième, c’est que la France est, parmi les pays développés, particulièrement mal placée. Ou plutôt, et c’est encore plus terrible, ce sont les entreprises françaises qui sont particulièrement mal placées. Dans le classement 2005 des 20 premières entreprises où, en France, « il fait bon travailler », on ne trouve que 5 entreprises « nationales » contre 12 entreprises américaines ! Un comble au moment où se développe un discours de protection, voire de rejet, à propos de la mondialisation. Le « facteur humain » est plus que jamais déterminant et certaines entreprises françaises semblent l’avoir oublié.

Au moment où de nombreuses réformes sont programmées, il n’est pas inutile de rappeler qu’elles ne pourront être adoptées au sens fort du terme (au-delà de leur nécessaire « adoption » par une majorité parlementaire) que dans un climat de confiance et de coopération entre ceux qui les mettront en œuvre. Et que cette confiance se construit dans le respect et la reconnaissance de tous les partenaires, à tous les niveaux, y compris à celui de l’entreprise.

Jean-Marie BERGERE

(1)Thomas PHILIPPON « Le capitalisme français d’héritiers. La crise française du travail. ». Merci à Henri VACQUIN et Laurène FAUCONNIER qui signalaient cet ouvrage dans le dernier éditorial de la revue Metis-Correspondances européennes du travail
>>> Libres propos

Troisième séance des Universités du travail : l'intégration dans et par le travail
La question du rôle du travail dans le processus d’intégration ne peut plus être posée comme au début du vingtième siècle. Nous vivons des transformations non seulement économiques et sociales, mais également anthropologiques. Deux experts ont débattu de ce thème le 16 mars 2007, au cours de la troisième séance des Universités du Travail et de l’Emploi, organisées par l’Université Européenne du Travail et par Développement et Emploi, en partenariat avec Paris 1 et Les Échos. Bernard EME est docteur en sociologie de Sciences Politiques et chercheur au SED-LISE, laboratoire qui développe une approche socio-économique des mutations contemporaines. Il travaille sur les politiques et les pratiques d’insertion ainsi que sur les identités des jeunes au travail et en insertion. Philosophe, théologien et informaticien, Dominique PECCOUD, ayant un doctorat en informatique et une maîtrise de philosophie et de théologie, est Conseiller spécial pour les affaires socioreligieuses auprès du Directeur général du Bureau International du Travail (BIT) à Genève.
>>> Lexique de l'actuel

La valeur travail
Après Discrimination et Flexisécurité (février 2006), Réforme et Patriotisme économique (mai 2006), Déclin, déclinologie, déclinologue et Statistiques ethniques (décembre 2006), nous prolongeons le cours de cette rubrique consacrée à la déconstruction de ces idiomes dominants dont on n’arrive pas à saisir s’ils ont statut de concept majeur ou bien de coquille de noix, plongés que nous sommes dans cette logosphère qui parle plus vite qu’elle ne pense…
>>> Vient de paraître

Du consentement
A partir de deux exemples, le port du voile et l’exercice du métier de prostituée, Geneviève FRAISSE forge le concept de consentement.
Le coup de coeur de Jean-Luc CHARLOT : les quatre mystères de la population française
Un ouvrage stimulant écrit par un insatiable pourfendeur d’idées reçues, un démographe digne représentant d’une conception des sciences sociales qui s’essaie à produire une pensée qui soit comme un vent qui nous pousse dans le dos, tel une série de rafales et de secousses.
>>> Actualité de Développement et Emploi

Le soutien renouvelé de la DIACT et de la C.D.C.à l'extension d'ALIZE
Lors du dernier Comité national de pilotage, réuni le 3 mai, la DIACT (Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires) et la Caisse des dépôts et consignations (CDC) ont annoncé la poursuite de leur soutien au réseau ALIZÉ pour en accélérer le déploiement sur de nouveaux territoires.
>>> Agenda

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Chronique est éditée par l'association
Développement et Emploi,

10 rue Saint-Nicolas, 75012 Paris.
Tél. : 01 43 46 28 28.
contact@developpementetemploi.com
Directeur de la publication : Jean-Marie Bergère.
Rédactrice en chef : Sylvie Karsenty.
Réalisation : Jacqueline Carlino.
Maquette : G7id.

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